Discours du Nouvel An des BLE : le pire est à venir

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

L’année 2010 devait être prestigieuse. Elle devait marquer le retour en force de la Lorraine sur le devant de la scène. Elle le fut en partie, grâce aux ouvertures conjuguées du Centre Pompidou-Metz (CPM) et du plus grand Center Parcs d’Europe dans le bois des Harcholins, au Pays de Sarrebourg. Couplés aux traditionnelles réjouissances de la Nuit Blanche, aux festivités grandioses de Saint-Nicolas et aux marchés de Noël, ces deux nouveaux phares du tourisme lorrain ont un petit peu dépoussiéré l’image de notre belle province. Insuffisamment néanmoins pour effacer des décennies de grisailles, d’atmosphère post apocalyptique et de tristesse.

Ainsi, Pompidou et Center Parcs ne peuvent bien entendu pas résoudre tous les maux de la Lorraine, surtout les plus profonds. La crise économique a fait que ces deux évènements n’ont pas autant « reboosté » notre économie qu’ils auraient pu le faire, en particulier en raison aussi de certains rendez-vous manqués comme l’inauguration du CPM sans le moindre palais des congrès dans le timing. En proie depuis des décennies à la monotonie et la morosité de la mono industrie, qu’elle soit sidérurgique ou automobile (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/12/30/nouveaux-nuages-noirs-sur-la-filiere-automobile-lorraine/), la Lorraine n’a aucunement bénéficiée d’une vision audacieuse et ambitieuse et encore moins d’une politique industrielle volontariste de la part de nos gouvernants. De ce point de vue là, l’année 2010 fut catastrophique avec son lot de restructurations, de licenciements et de fermetures.

Sans les fastes d’un nouveau musée d’art contemporain ou d’un immense centre de loisirs, l’année 2011 sera quant à elle bien pire. Ainsi, l’arrêt de la prime à la casse et le contexte socio-économique actuel ne laisse rien n’augurer de très réjouissant pour un pays tourné vers l’automobile, même électrique, et aux alérions en berne depuis bien trop longtemps. Bien évidemment, ce sont les équipementiers, et le peuple si l’on généralise, qui vont souffrir le plus.

Notre but n’est pas ici de faire un discours démagogique, nous constatons seulement que l’on récolte ce que l’on sème. Autrement dit, si la Lorraine est en difficulté de nos jours, c’est parce que les décisions politiques d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas été et ne sont toujours pas les bonnes. Rien ou presque n’est du au hasard dans notre situation. Encore une fois, au lieu de privilégier une diversification du tissu industrielle et économique, comme le voudraient aussi bien la logique que la raison, les responsables politiques ont orienté la Lorraine vers une nouvelle filière unique, ou presque, à savoir l’automobile, qui, comme tout le monde le sait, est un des secteurs qui subit et amplifie le plus les effets des crises structurelles et conjoncturelles. Voilà une fois de plus une stratégie brillante pondue par des énergumènes censés avoir fait un minimum d’études, mais dont la fonction ou les attributions du pouvoir et du prestige ont éloigné des réalités économiques quotidiennes et du terrain.

Une telle réflexion lumineuse peut être également illustrée par des exemples dans bien d’autres domaines, comme le développement des infrastructures et des transports, les politiques en (dé)faveur de l’éducation ou encore les coopérations entre les différentes composantes territoriales de Lorraine.

Pourtant, nous ne cesserons jamais de dire que la Lorraine a tout pour réussir. Encore faut-il savoir convertir ce formidable potentiel. Apparemment, nos responsables n’en ont pas la recette. 

Par temps de crise, il faut savoir se montrer solidaire et généreux, plus encore qu’à n’importe quel autre moment. Mais, si la vertu d’une crise est selon les économistes d’engloutir et de faire disparaître les entreprises et les secteurs les plus faibles et les plus pourris, pourquoi n’en serait-il pas de même pour nos politiciens ? Réfléchissez-bien. Reconsidérez certaines les choses, certains éléments vous apparaitrons alors beaucoup plus clairs sur les intentions et les motivations de chacun.

Sans se refermer sur nous-mêmes comme une coquille vide, nous devons, nous-autres Lorrains, apprendre à réveiller nos valeurs d’hier et d’autrefois, de force, de courage et de travail. Nous devons réapprendre notre histoire et nos traditions, à l’image du renouveau de notre vignoble et de nos produits du terroir comme la truffe. Nous devons redécouvrir notre culture et notre identité, afin de regagner notre fierté et de rebâtir tout ce qui nous a été ôté.

Excellente année 2011 à toutes et à tous.

Portez-vous bien.

Le Groupe BLE Lorraine.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire.