Un Pacte Lorrain aussi optimiste que spéculatif

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Le premier ministre français et le président du Conseil Régional de Lorraine ont dernièrement parachevé un « Pacte Lorrain » qui les engage à verser respectivement 150 millions d’euros, soit 300 millions d’euros au total, entre 2014 et 2016. Les deux complices espèrent un investissement des entreprises conséquent, afin de porter le montant à 1,3 milliards d’euros. L’objectif est de financer 60 projets à travers trois labels, dont le plus emblématique est la « Vallée européenne des matériaux » qui doit fédérer les laboratoires, les écoles d’ingénieur et les entreprises. Certains pensent également que le Pacte permettra de fixer dans la région les ingénieurs formés en Lorraine, qui représentent 10 % des effectifs français.

Le Groupe BLE Lorraine estime, lui, qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un énième pseudo plan pour « sauver la Lorraine », un simple effet d’annonce, un tour de passe-passe politique. En effet, la France s’engage à financer moins de 10 % du montant total escompté du « Pacte », alors que, parallèlement, elle s’apprête à prendre en charge 35 % d’un plan industriel en Ile-de-France. Pire, les 150 millions d’euros de l’Etat avait déjà été promis dans le cadre du financement du feu Projet ULCOS. La Lorraine n’a donc gagné pas un euro de plus.

En conclusion, ce « Pacte » ne constitue qu’une opération de communication pour préparer le retour de Hollande à Hayange-Florange suite au fiasco et à la fermeture définitive des hauts-fourneaux et sauver ce qui peut l’être encore du bilan plus que médiocre du président socialiste du Conseil Régional de Lorraine.

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3 Réponses à “Un Pacte Lorrain aussi optimiste que spéculatif”

  1. Un centre de recherche public sur l’acier à Florange ?

    Lors de sa dernière opération de communication en Lorraine, le président de la république française a annoncé la création, à Florange, d’une « plateforme publique de recherche pour la sidérurgie lorraine ». Ce centre de recherche sur l’acier sera doté de « 20 à 50 millions d’euros » sur la base d’appel à projets. On notera au passage le flou de l’enveloppe promise et l’écart entre les deux bornes de l’intervalle. La structure va s’appuyer sur l’IRT M2P (Institut de Recherche Technologique Métallurgie, Matériaux et Procédés). Elle s’ajoutera également au Pacte Lorrain sous la forme d’un avenant. Il s’agira donc en quelque sorte d’un pendant public et indépendant du centre de recherche et de développement d’ArcelorMittal à Maizières-lès-Metz.

    François Hollande a été accueilli par les huées et les sifflets de dizaines de salariés d’ArcelorMittal, qui considèrent comme une trahison de sa part la fermeture des hauts-fourneaux. Bien entendu, la plupart des médias ont baissé, voire coupé le son des vidéos diffusées, afin que les gens ne les entendent pas. Et après la France a le culot de critiquer la Corée du Nord !

  2. 191 projets retenus en un an pour 80 millions d’euros investis ou en passent de l’être. Les industriels considèrent le Pacte Lorraine comme un outil intéressant mais trop long à mettre en œuvre et pas assez puissant. Les caisses vides de l’Etat français ne font d’ailleurs que renforcer cette lourdeur administrative.

  3. Dans le cadre du Pacte Lorraine, 906 projets ont au total bénéficié de près de 346 millions d’euros de financement de la part de l’Etat français et de la Région Lorraine, générant 1,59 milliards d’euros d’investissements publics et privés. Ces projets ont permis la création de 3 708 emplois et le maintien de 6 379 autres. Le Pacte Lorraine devait soutenir et renforcer le développement industriel de la région et installer la Vallée Européenne des Matériaux et de l’Energie (VEME). Un label qui a malheureusement disparu avec la création du Grand Est. Il n’y a en effet désormais plus d’interlocuteur, dans la mesure où le Secrétaire Général aux Affaires Régionales (SGAR) a été délocalisé à Strasbourg.

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