Défenses des langues de Lorraine : le Parti Lorrain, de Metz à Perpignan !

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Le Parti Lorrain a largement contribué à la journée interrégionale en faveur des langues régionales de France qui s’est tenue le samedi 31 mars 2012. Ses membres et ses sympathisants, auréolés de leur magnifique bannière alérionée, ont en effet participé à deux manifestations qui se déroulaient en parallèle, à Metz et à Perpignan. Ces rassemblements avaient pour objectif de faire reconnaître les langues régionales et leur diversité, source de richesses culturelles.

Soucieux de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine et de la culture de la Lorraine, le Parti Lorrain est venu défendre le Lothringer Platt (Franciques mosellan, luxembourgeois et rhénan), ainsi que le Lorrain roman. Un cortège d’une centaine de personnes, unies derrière la banderole « Nos langues, nos cultures, un droit, une loi, a ainsi traversé, drapeaux lorrains au vent, les rues de la bonne ville de Metz. A Perpignan, plusieurs Lorrains ont également arboré fièrement notre drapeau et participé au lipdub géant organisé par les Catalans.

Outre la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires adoptée par le Conseil de l’Europe en 1999, le Parti Lorrain exige également la création d’une loi qui donnerait une véritable place aux langues régionales dans la vie publique, l’enseignement et les médias. L’enseignement bilingue français/Lothringer Platt, langue parlée depuis plus de 2 200 ans, doit être autorisé. Or aujourd’hui, un tel enseignement est laissé à la totale discrétion de l’administration scolaire qui ignore et dénigre dans l’académie de Nancy-Metz la demande des parents et des communes. La cité fortifiée de Bitche a ainsi essuyé le refus de l’administration centralisatrice française d’ouvrir une classe bilingue.

Le centralisme français, isolé et anachronique en Europe occidentale, souffre en effet de nombreux paradoxes qui lui sont inhérents. La France est par exemple le seul pays francophone unilingue. C’est pourtant le pays d’Europe de l’Ouest qui possède le plus grand nombre de minorités culturelles et linguistiques sur son territoire. Il est quand même étrange que ceux qui estiment normal que l’Etat canadien reconnaisse la spécificité francophone des Acadiens et des Québécois, dont la langue régionale bénéficie d’un statut public officiel, ne tolèrent pas que des droits analogues soient accordés en France aux minorités régionales et assimilent à un repli identitaire une aspiration qu’ils trouvent éminemment digne d’être soutenue Outre-Atlantique. Par ailleurs, les dirigeants français, qui reprochent aux technocrates bruxellois d’imposer leurs décisions à la France, ne voient aucun inconvénient à ce que Paris décide à la place des régions. Enfin, les mêmes, qui critiquent le centralisme de la Commission Européenne, le pratiquent néanmoins sans état d’âme en France.

Le Parti Lorrain œuvre pour mettre le pouvoir décisionnel au cœur des régions et non à 350 km des réalités quotidiennes locales.

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Une réponse à “Défenses des langues de Lorraine : le Parti Lorrain, de Metz à Perpignan !”

  1. Le paradoxe du Lothringer Platt

    Le Lothringer Platt vit un paradoxe. Le Francique luxembourgeois est de plus en plus utilisé, alors que les Franciques rhénan et mosellan sont assimilés à tort à l’allemand.

    Les personnes qui militent aujourd’hui pour une meilleure reconnaissance du Lothringer Platt partagent souvent un même souvenir d’enfance, vécu comme une injustice. Celui où elles étaient punies sur les bancs de l’école française quand on les surprenait à converser en langue régionale. Parlée en famille, cette dernière, était socialement la langue de l’échec, qu’il fallait proscrire, contrairement au français, considéré comme le parler des Lumières.

    Le Lothringer Platt est tout le contraire du repli sur soi et de la nostalgie. C’est la langue de l’avenir, de l’Europe. Le multilinguisme lorrain est une ouverture. Une chance. Les trois variantes de notre langue régionale touche potentiellement un bassin de 300 000 personnes. Contrairement aux Franciques rhénan et mosellan, le Francique luxembourgeois est en plein essor. Devenu langue nationale du Grand-duché, il est enseigné dans les écoles. Cette année scolaire, 634 enfants entre la grande section de maternelle et la terminale apprennent le Francique luxembourgeois en classe. Ils n’étaient qu’une cinquantaine dix ans plus tôt. Le Lothringer Platt est perçu comme un passeport pour travailler au Luxembourg. Si bien que les demandes de cours du soir ou particuliers explosent. 13 000 travailleurs frontaliers lorrains ont d’ores et déjà pris des cours.

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