Le Parti Lorrain soutient les sidérurgistes

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Le Parti Lorrain tient une nouvelle fois à exprimer son soutien aux sidérurgistes de Hayange-Florange dans leur combat pour l’emploi et le maintien de l’industrie en Lorraine. Ses militants et sympathisants ont ainsi participé aux différentes manifestations organisées par l’Intersyndicale d’ArcelorMittal, notamment celle du 29 février à Metz pour le redémarrage des hauts-fourneaux de Hayange.

Le Parti Lorrain est également descendu dans la rue pour soutenir les salariés de l’hôpital d’Hayange et la sauvegarde d’une activité hospitalière et de chirurgie dans la vallée de la Fensch.

Le Parti Lorrain a été créé le 5 janvier 2010. Il défend les intérêts de la Lorraine et des Lorrains. Il aspire à un renforcement de la prise de décisions au niveau local et du pouvoir des Régions. Il entend par conséquent remettre ces dernières au cœur de l’action territoriale, afin de favoriser leur développement économique et social, ainsi que l’aménagement de leur territoire.

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25 Réponses à “Le Parti Lorrain soutient les sidérurgistes”

  1. Faire front commun pour sauver Hayange !

    Mittal prendra sa décision cet été sur la relance des hauts-fourneaux de Hayange. Il a néanmoins d’ores et déjà affirmé qu’il n’avait pas besoin de ses installations lorraines, même pas pendant les quatre mois d’arrêt du haut-fourneau de Dunkerque. Et il ne souhaite pas attendre la décision de l’Europe au sujet du Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html) pour se prononcer. C’est la raison pour laquelle les syndicats interpellent les candidats aux législatives et exigent un front commun, comme en Allemagne, où les politiques savent parler d’une seule voix sur des sujets aussi graves.

    En Allemagne, 80 % des bénéfices sont réinvestis. Chez Mittal, ils vont à l’actionnaire.

    La direction d’ArcelorMittal joue sur le soutien des salariés au mouvement de résistance en Lorraine. Les gens ont peur, ils ont besoin de travailler. Ils apportent leur soutien moral, mais pas physique.

    Cela dit, Mittal, très sensible à son image renvoyée à l’extérieur, supporte mal la sur-médiatisation de ce conflit social qui en est à sa 14ème semaine.

  2. Créer une nouvelle aciérie à Gandrange

    Le Groupe BLE Lorraine soutient l’idée de la Confédération Générale du Travail (CGT) de construire une nouvelle aciérie électrique à proximité du Laminoir à Couronnes et à Barres (LCB) de Gandrange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/07/10/investissement-a-gandrange/), seul rescapé du cataclysme de 2008 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/gandrange/). Cette idée a en effet sa logique économique et environnementale.

    Continuer ainsi à approvisionner le LCB avec des billettes venant de Duisbourg, de Hambourg ou de Varsovie fragilise plus que jamais l’outil. Ce dernier ne bénéficie pas d’un approvisionnement optimal des billettes, la priorité étant donnée au site allemand de Duisbourg. Il est également pénalisé par le prix élevé de cette matière première livrée de sites de production lointains.

    Pourtant, le LCB lorrain fabrique des produits très techniques à haute valeur ajoutée à destination de l’industrie automobile.

    La construction d’une aciérie électrique représenterait un investissement de long terme estimé à 120 millions d’euros. Il réduirait considérablement les coûts environnementaux et permettrait aussi de structurer la filière recyclage qui essaye d’émerger en Lorraine. Il répondrait par ailleurs aux doléances de la fédération des ferrailleurs qui cherche des débouchés en France. Son financement reposerait sur un engagement de partenaires industriels, ainsi que sur le soutien du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) et des collectivités territoriales dans le cadre d’une véritable politique industrielle locale.

    Mais la clique Mittal ne veut pas entendre parler de ce projet qui n’entre pas dans le cadre de sa stratégie financière spéculative à court-terme (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/).

  3. Le 25 juin 1991, Francis Mer, grand patron de la sidérurgie, annonça depuis Paris la fermeture des deux hauts fourneaux U1 et U4 d’Uckange. Personne parmi les 240 salariés concernés ne s’y attendait. Ce drame augurait un triste avenir pour la filière fonte du Nord mosellan. D’ailleurs, l’arrêt de l’extraction à Mairy-Mainville, dernière mine de fer en activité, fut annoncée le même jour. La fonte de moulage était alors condamnée.

    Uckange s’est battu comme un lion, avec cœur et dignité. Les salariés avaient compris que la bataille se gagnerait avec les images, les opinions et le discours, en jouant sur les sentiments et les émotions. A côté des opérations commando, de l’inévitable séquestration avec mise à sac du bureau du directeur général de Lorfonte, d’incroyables entreprises de séduction furent montées. La ville morte devînt vivante, avec toutes les associations rassemblées au stade de la ville. Le 16 octobre 1991, Bernard Lavilliers était là pour chanter avec sa seule guitare et des percussions au pied des hauts fourneaux. Il avait promis de revenir vingt ans plus tard. Il a tenu parole.

    Mais la commémoration de la fermeture des hauts fourneaux d’Uckange fait écho à la mise en veille de toute la filière chaude (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/). Au-delà du symbole, l’événement traduit le quotidien d’une sidérurgie lorraine qui ne cesse de lutter pour sa survie. Comme une histoire sans fin. Aujourd’hui, après que Rombas ait fermé, la lutte concerne d’autres hauts fourneaux : les P3 et P6 à Hayange, où les gens se raccrochent à l’espoir d’ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html).

    En vingt ans, l’U4 a été préservé et conservé comme lieu de mémoire. L’U1 a été oublié. Signe que la préservation du patrimoine industriel U4 ne fait pas que coûter. Elle enrichit, aussi.

    Le combat ne cessera donc jamais ?

  4. Alors que Florange refuse de mourir, Gandrange refait surface, du moins dans l’actualité. Ces deux sites clé de la sidérurgie lorraine ont été propulsés au cœur de la campagne présidentielle française. Point de ralliement de l’anti-sarkozysme, ils représentent également le symbole d’une industrie lorraine qui veut résister aux projets financiers mondialisés d’ArcelorMittal.

    Le plan industriel alternatif présenté ci-dessus pérenniserait le LCB dans un contexte très porteur pour les aciers longs carbone. Le site de production emploie encore 350 personnes rescapées du complexe de Gandrange, après la perte de 575 emplois en 2008 suite à la fermeture de l’aciérie et du train à billettes.

  5. Ce fut une première depuis la création d’ArcelorMittal en 2006. Les syndicats du groupe réunis au sein de la Fédération européenne de la métallurgie avaient appelé à une grève générale de 24 heures sur la totalité des sites en Europe, afin de dénoncer « une stratégie uniquement financière, consistant à promettre aux actionnaires 1 milliard de dollars d’économies par une rationalisation des outils industriels et par un chômage technique en partie financé par des aides publiques ».

    L’ensemble du site de Hayange-Florange bloqué, 100 % de grévistes au Luxembourg, 40 000 manifestants à Liège, des usines au ralenti en Espagne, une action symbolique devant le siège du géant de l’acier à Londres : la journée d’action européenne des sidérurgistes a été un véritable succès.

  6. ArcelorMittal a en effet décidé depuis l’été 2011 de mettre en sommeil une petite dizaine d’usines en Europe. Tous groupes confondus, près de 20 millions de tonnes de capacités annuelles de production ont au total été mises en sommeil en Europe, soit 10 % des capacités de l’Union Européenne.

    Si la stratégie de Lakshmi Mittal, qui consiste à allumer et à éteindre des hauts-fourneaux au gré des cycles conjoncturels, suscite tant de tensions, c’est parce qu’elle alimente à chaque fois la crainte que ces usines ne soient fermées définitivement.

  7. Hayange-Florange est viable

    Les conclusions du rapport Faure commandé par le ministre du redressement productif sur l’avenir du site de Hayange-Florange d’ArcelorMittal sont claires : le site intégré est viable, à condition de préserver sa compétitivité qui repose sur le maintien de sa performance industrielle, notamment dans les activités à froid. Pour cela, le rapport réclame « un plan d’investissement rapide et significatif, car l’avenir du site ne peut se jouer uniquement sur le Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html). Ces investissements se chiffreraient à 450 millions d’euros, tant le site a souffert du manque d’investissements ces dernières années. Celui-ci possède malgré tout des atouts évidents, comme la technicité des aciers à haute valeur ajoutée produits par ses chaînes à froid, fruits des innovations du centre de recherche de Maizières-lès-Metz (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/10/28/maizieres-les-metz-a-la-pointe-de-la-rd/), idéalement positionné par rapport à ses grands clients automobiles.

  8. Selon le rapport Faure, si le site intégré de Hayange-Florange est viable, il ne pourra néanmoins vivre seul. Trop de services ont en effet été délocalisés, à commencer par les services commerciaux.

    Comme tout le monde le sait, la stratégie d’ArcelorMittal est davantage guidée par des contraintes financières de court terme que par des considérations industrielles de long terme. Le rapport Faure affirme d’ailleurs que « la stratégie de Mittal se traduit par des choix d’investissements guidés par l’EBITDA (revenus avant intérêts qui mettent en évidence le profit généré par l’activité, indépendamment des conditions de son financement) et non par les volumes d’affaires. L’activité minière est privilégiée au détriment de la sidérurgie ». Pourtant, le segment Flat Carbone, auquel Hayange-Florange appartient, « représente sur la période 2008-2011, une part relativement constante du chiffre d’affaires du groupe, entre 27 % et 28 %. Mais en termes d’EDITBA, cette part a chuté de 26,5 % à 15 %, alors que le segment mines a explosé de 6 % à plus de 30 % ». C’est pourquoi, en 2011, « pour 100 de chiffre d’affaires dans le segment minier, ArcelorMittal investit plus de 20 ». Pour Flat Carbone Europe, l’investissement tombe à 3,2 !

    Pendant ce temps, les concurrents sidérurgiques (ThyssenKrupp, Saarstal, SCCB, etc.) ont tous massivement investi dans leur outil de production et mènent une politique diamétralement opposée à celle de Mittal. Jusqu’en 2009, date de la mise à l’arrêt temporaire de la filière liquide (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/), Hayange-Florange n’a donc fait l’objet que très peu d’investissements de transformation ou de croissance. L’essentiel de l’investissement s’est concentré sur la maintenance et l’environnement. A l’époque, Arcelor avait au contraire placé l’innovation au cœur de sa stratégie et consenti un effort important pour développer ses aciers plats à fort contenu technologique et à haute valeur ajoutée.

    Aujourd’hui, Hayange-Florange, malgré ses efforts pour maintenir une qualité digne de sa clientèle automobile haut de gamme, perd inexorablement des parts de marché. Une partie de la commande de Mercedes de 300 000 tonnes a par exemple été perdue au profit de Gand, fief du patron de la division Flat Carbone Europe, pour des défauts de qualité. Le savoir-faire est toujours là, mais si on ne remplace pas le rouleau d’électrozingage d’un montant de 500 000 euros, le site ne pourra plus faire face. L’Usibor grande largeur, acier plat ultraléger, est attendu par tous les constructeurs haut de gamme. Le projet est techniquement bien avancé, mais n’est toujours pas acté. Du jamais-vu pour Hayange-Florange qui avait toujours été à l’avant-garde.

    Rappelons que la conservation d’une capacité de production sidérurgique dans la filière liquide en Lorraine constitue un enjeu stratégique européen. C’est pourquoi il convient maintenant d’arrêter les faveurs faites à Mittal : crédits d’impôts, quotas de CO2 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/05/19/pour-quelques-dollars-de-plus%E2%80%A6/), allocation chômage longue durée, crédits formation, etc.

  9. Ondeo IS, société de traitement des eaux dans les hauts-fourneaux P3 et P6 à Hayange-Florange, se désengage de sa prestation sur le site. Ses 25 employés quitteront les installations de l’usine à chaud d’ici la fin de l’année.

    La fuite des compétences électriques et mécaniques et la défection des sous-traitants résultent des conditions de travail et des exigences draconiennes imposées par ArcelorMittal aux personnels de Hayange, aux fournisseurs et aux intérimaires. A tel point que le packaging et la filière liquide sont de plus en plus menacés. A cela s’ajoutent encore les conséquences de l’application du Lean management dans les fonctions supports.

  10. Le rapport de Pascal Faure, ingénieur des Mines, accrédite la thèse que le site intégré de Hayange-Florange est « viable, fiable et rentable » à condition d’investir 400 à 500 millions d’euros « pour maintenir sa compétitivité et ses performances industrielles ». Mais si le chaud est séparé du froid, la situation n’est plus la même car un repreneur ne voudra pas l’un sans l’autre. Mittal le sait bien. C’est pour cela qu’il ne prend aucun risque en laissant entrevoir une vente partielle du site.

  11. Le Projet ULCOS est-il également condamné ?

    Pendant qu’ArcelorMittal décidait en haut lieu de fermer définitivement les hauts-fourneaux P3 et P6 d’Hayange, le Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html) remonte dans le classement des projets prioritaires retenus dans le programme NR 300 de l’Union Européenne. Placé en huitième et dernière position dans une première sélection cet été (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/07/18/flamme-de-l%E2%80%99espoir-pour-ulcos/), ULCOS aurait profité de la défection de plusieurs projets anglo-saxons de captage stockage de CO2, notamment dans le domaine de la production d’énergie thermique, pour se retrouver aujourd’hui en deuxième ou troisième position. A Maizières-lès-Metz, les ingénieurs d’ArcelorResearch ont travaillé d’arrache-pied pour préparer toutes les études d’ingénierie de la transformation du P6 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/10/28/maizieres-les-metz-a-la-pointe-de-la-rd/). Si l’Europe avait donné son feu vert pour ULCOS l’été dernier, Mittal aurait été dans une situation extrêmement délicate aujourd’hui. En réalité, il peut désormais dire qu’il renonce à Hayange-Florange, mais pas à ULCOS.

    En effet, ULCOS n’est pas un projet ArcelorMittal. Il est au contraire porté par un consortium de sidérurgistes européens. Après l’annonce de la fermeture des deux derniers hauts-fourneaux de la Fensch, la possibilité de réaliser ULCOS à Hayange est presque nulle, sauf décision politique européenne.

    Pourtant, ne pas faire ULCOS serait une erreur stratégique fondamentale qui fragiliserait la sidérurgie européenne. De nos jours, il est impossible de ne pas prendre en compte les émissions de CO2 de l’industrie. ULCOS est actuellement la seule technologie viable qui permette de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans cette industrie. Si bien que le démonstrateur ULCOS pourrait très bien atterrir au petit haut fourneau d’Eisenhüttenstadt, en Allemagne…

  12. ArcelorMittal représente 22 % des dépenses privées de recherche et développement en Lorraine. Une trop forte dépendance qui s’avère préjudiciable compte-tenu des restructurations du groupe.

  13. La Lorraine sidérurgique ne doit pas être de l’histoire ancienne. Son avenir s’inscrit dans la production d’acier de qualité à haute valeur ajoutée, autrement dit dans une stratégie de différentiation et de niche. Aujourd’hui, la France ne représente plus que 9 % de la production européenne d’acier et son commerce extérieur est dans ce domaine déficitaire de 61 millions d’euros.

    Si l’arrêt définitif des hauts-fourneaux lorrains venait à être confirmé à l’issu de la procédure de recherche de repreneurs potentiels, les Lorrains seraient en droit de réclamer des compensations à l’Etat français. Cela dit, la Lorraine attend toujours la concrétisation des compensations promises suite aux iniques et odieuses restructurations militaires (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t444-restructurations-militaires-en-lorraine).

  14. Viable, Hayange-Florange est aussi compétitif !

    Contrairement aux arguments développés par ArcelorMittal lors de l’annonce de la fermeture de la phase liquide de Hayange-Florange (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1479p15-siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits), les courbes présentées sur un graphique d’un document interne du groupe dévoilé par la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) prouvent que le site mosellan est tout à fait compétitif. Ces courbes comparent le prix de revient de la bobine d’acier fabriquée dans les cinq usines de la Division Nord, à savoir Gand, Brême, Dunkerque, Liège et Hayange-Florange. Le document montre que même si l’acier lorrain accuse un surcoût de 24 euros par tonne en raison du transport des matières premières, celui-ci est largement compensé par les excellentes performances des usines de la vallée de la Fensch. Ainsi, Hayange-Florange est avec Gand, l’usine intégrée la plus rentable de la Division Nord d’ArcelorMittal.

    L’analyse de ce schéma confirme les conclusions du Rapport Faure qui avait démontré la viabilité du site de Hayange-Florange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/08/12/hayange-florange-est-viable/). « Idéalement localisé par rapport à ses grands clients, le site intégré a véritablement « un sens économique et industriel ». Celui-ci se distingue d’ailleurs par la « qualité de ses produits » et par la « technicité de ses aciers à haute valeur ajoutée » issus de ses chaînes à froid.

    Le document révélé par la CFDT fait office d’une bombe. C’est en effet la première fois qu’ArcelorMittal reconnaît noir sur blanc la rentabilité effective du site lorrain.

    (Source : France 3 Lorraine)

  15. Voir l’article sur l’abandon du Projet ULCOS par ArcelorMittal : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/12/26/ulcos-abandonne-la-filiere-liquide-lorraine-condamnee/.

  16. Dans le cadre du Projet ULCOS, le CO2 extrait des hauts-fourneaux serait enfoui en grande profondeur dans des zones de stockage souterraines d’une surface de 3 000 à 3 500 km². Celles-ci se situeraient à 70 % en Meuse, soit 2 000 à 2 500 km², le reste étant en Moselle et en Meurthe-et-Moselle. Les études géologiques ont désigné un triangle Verdun, côté champs de bataille, Etain et Fresnes-en-Woëvre.

    Après le projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure dans le Sud du département (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/dechets-nucleaires/), la Meuse voit d’un mauvais œil la perspective d’accueillir d’autres déchets dans son sous-sol.

  17. Hayange-Florange est le Gandrange de Hollande

    « Un fois élu, je ferai voter une loi prévoyant que, quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production, elle soit obligée de la céder à un repreneur ». Telle était la déclaration du candidat François Hollande le 24 février 2012 à Florange. Un an plus tard, il ne reste pas grand-chose des « promesses de l’Estafette » syndicale sur laquelle était monté François Hollande. Beaucoup de larmes ont depuis coulé sous les ponts.

    Il faut dire que le bilan est maigre pour la Vallée de la Fensch : quelques esquisses mais pas de loi, une fin de non-recevoir pour la proposition de reprise Serin-Mordachov, un pseudo accord Matignon-Mittal qui condamne le chaud mais semble sauver le froid, deux des trois cowpers (tours de chauffe cylindrique) du haut-fourneau P3 obligées d’être éteintes faute d’entretien malgré leur mise sous cocon …

    Hayange-Florange est devenu le Gandrange de Hollande (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/gandrange/). Pire, à la différence de Gandrange, il y avait un projet de reprise à Hayange-Florange.

  18. Hayange : le destin du P3 s’achève dans le doute

    L’effondrement des briquetages réfractaires des cowpers, fours à vent chaud qui tirent leur nom d’Edward-Alfred Cowper qui les inventa en 1857, a sonné le glas du haut-fourneau P3 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/02/18/redemarrage-du-second-haut-fourneau-de-hayange-florange). Ils se seraient écroulés en raison du chauffage par du gaz de cokerie à titre conservatoire, en attendant un éventuel rallumage du haut-fourneau (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1479p30-siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits#6358). Or, ces cowpers ont été chauffés pendant des décennies par du gaz de haut-fourneau. Très pauvre d’un point de vue calorifique, ce dernier était chargé en poussières. Par conséquent, chauffer à titre conservatoire ces cowpers par du gaz de cokerie, lequel autrefois alimentait aussi les foyers domestiques, ne devrait pas nuire à leur fonctionnement.

    Les briques réfractaires sont alors peut-être tombées faute d’un entretien suffisant. Pis, le chauffage des fours a pu être coupé ou tellement réduit que le refroidissement consécutif à cette décision a provoqué la rétractation du briquetage, notamment au niveau des dômes des cowpers 31 et 32. D’où leur chute devant les brûleurs dans la chambre de combustion de l’appareil.

  19. L’Usibor grande largeur, qui sort des laminoirs de Sainte-Agathe, à Florange, a dernièrement été homologué par trois importants clients européens. L’Allemand Benteler, qui possède à Paderborn l’un des plus importants sites d’emboutissage à chaud, a confirmé ses commandes, tout comme l’Espagnol Gestamp et Volkswagen. Ce sont trois clients majeurs de cet acier développé pour permettre la production de pièces de structures pour l’automobile. En produisant les grandes largeurs qui vont au-delà de 1 500 mm, le site florangeois a pris un avantage concurrentiel décisif. ArcelorMittal vise une montée en puissance à plus de 600 000 tonnes à l’horizon 2015. Renault, qui investit dans une presse d’emboutissage à chaud à Douai, devrait également être livré en Usibor.

    Aujourd’hui, à Florange, le taux de production d’acier pour l’automobile est le même que l’an dernier, alors que le marché s’est effondré de 6 à 8 %.

  20. La BPI aurait pu sauver Hayange-Florange

    Le sauvetage des hauts-fourneaux de Hayange-Florange n’aurait pas représenté une bonne affaire selon les dires du directeur de la Banque Publique d’Investissement (BPI), Nicolas Dufourcq, prononcés en marge de la première réunion du comité national d’orientation de la banque. « La BPI a étudié le dossier » de l’usine ArcelorMittal de Hayange et a rendu un « arbitrage business » selon lequel « on aurait perdu beaucoup d’argent et ce n’aurait pas été un bon business ».

    Rappelons que la BPI est dotée d’une force de frappe financière de 42 milliards d’euros, dont 10 milliards d’euros sont destinés à des investissements en fonds propres dans des entreprises. La nationalisation du site intégré de Hayange-Florange, stratégique et structurant pour le reste de l’industrie française, était évaluée à environ un milliard d’euros. La BPI aurait pu sauver Hayange-Florange, mais elle ne l’a pas fait pour des raisons financières à court terme. Comme M. Mittal (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1479-siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits).

    Rappelons de même que la BPI a également laissé tomber le programme Skylander (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/04/16/communique-du-groupe-ble-lorraine-sur-le-financement-du-skylander/) qui représentait pourtant une filière d’avenir. La Lorraine ne semble donc pas intéresser la BPI. Notre province n’a rien à attendre de la BPI, ni de la France, depuis des décennies maintenant.

  21. Un an après les promesses de l’Estafette syndicale de Florange, François Hollande est désormais soumis à l’épreuve des faits : pas de loi sur les licenciements boursiers ni reprise publique transitoire du site de la Vallée de la Fensch, où les hauts-fourneaux sont en cours d’extinction.

  22. Hayange-Florange importe actuellement 235 000 tonnes de brames de Dunkerque, soit la marche d’un haut-fourneau. Pourquoi arrêter la filière liquide lorraine alors ?

  23. Le ruchage réfractaire est alternativement chauffé au gaz à 1 200°C pendant deux heures. Il participe ensuite pendant une heure au chauffage du vent venu des turbosoufflantes pour un soufflage calculé de 900-1 000°C dans le haut-fourneau par l’entremise des tuyères. Le ruchage est empilé verticalement sur un châssis ajouré en fonte, afin de permettre le passage du vent.

  24. Lors du dernier Comité de suivi de l’accord Mittal–Etat français sur l’avenir de Hayange-Florange (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1479-siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits), le directeur d’ArcelorMittal Atlantique Lorraine a détaillé la répartition des 80 millions d’euros d’investissements en cours et à venir. 55 millions d’euros concerneront le train à chaud et la soudure laser, 15 millions d’euros le packaging et 15 millions d’euros supplémentaires seront affectés à la modernisation du refroidissement et à l’agrandissement de la gare d’Ebange. Cette dernière pourra ainsi accueillir à terme des convois de 44 wagons contre 22 aujourd’hui.

  25. Pour la troisième fois en trois ans, François Hollande s’est rendu dans la Vallée de la Fensch, ce haut-lieu de la sidérurgie marqué par l’extinction de ses hauts-fourneaux en avril 2013, mais dont le chef de l’Etat français avait promis d’assurer l’avenir industriel.

    Depuis trois ans, le dossier est uniquement géré sur le plan de la communication par l’Elysée. Ses partisans essayent de trouver à tout prix une porte de sortie : un centre de recherche, 30 CDI, etc. Ce n’est plus seulement une trahison mais un manque de respect vis-à-vis du monde ouvrier, des salariés de Florange et de la Lorraine.

    La fermeture des hauts-fourneaux a entraîné un génocide social dans la vallée de la Fensch. Au-delà de ces politiques dévastatrices, la commune symbole de Hayange, là où se situent les hauts-fourneaux, est passé sous la coupe du Front National. La décomposition des promesses du Parti Socialiste constitue le terreau du FN. Sarkozy et Hollande se sont prosternés devant Mittal.

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