Déchets nucléaires ou l’éternité empoisonnée

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Déchets nucléaires ou l’éternité empoisonnée.

Primé à de nombreuses reprises, Info Eternity, un film réalisé par Michael Madsen, évoque les questions, les enjeux et les problèmes du site d’enfouissement des déchets nucléaires finlandais. Comparable à la poubelle radioactive de Bure (voir : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,dechets-nucleaires,311789.html), cette nécropole souterraine, creusée à 500 mètres de profondeur, ne recèlerait-elle pas une face délibérément cachée ?

Il faut dire que le nom donné par les Finlandais à ce cimetière souterrain est sans équivoque : « Onkalo », ce qui signifie la cachette, en finnois. Autrement dit, une appellation en forme de message subliminal qui reflète bien l’intention partagée par tous les docteurs Folamour des pays nucléarisés. Plus révélateur encore, la Belgique a donné le nom de « HADES » à son site, ce qui renvoie directement aux Enfers de la mythologie grecque. La France, pour son site de Bure, s’est quant à elle très longtemps cachée derrière le pseudonyme de « laboratoire » avant que l’ANDRA, promoteur de la poubelle souterraine, ne lance tout récemment une improbable appellation : « Cigéo ». Un mytho peut donc en cacher un autre.

Car il s’agit tout de même d’une décharge radioactive démesurée creusée pour y déposer les pires déchets que l’homme n’ait jamais produits. Des poisons dont la radioactivité reste mortelle sur des temps invraisemblables, sur 6 000 générations au bas mot. Des poisons qu’aucun pays au monde ne sait rendre inoffensifs. Dès lors, nous pouvons tous nous poser des questions : notre génération n’aurait-elle pas joué avec un feu qu’elle ne maîtrise pas ? N’aurait-elle pas joué à l’apprenti sorcier avec cette énergie nucléaire ? N’est-elle pas, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en train de léguer un héritage empoisonné à ses descendants, et aux descendants de ses descendants ?

Néanmoins, il se pourrait bien que la curiosité des générations à venir n’ait pas à s’exercer. L’exemple français est un cas d’école. En effet, l’eau constitue le pire ennemi d’un stockage nucléaire souterrain. En dégradant les fûts, cette dernière se gorge de radioactivité et véhicule le poison au gré des déplacements des nappes phréatiques. Une équipe de scientifiques indépendants a dernièrement tiré la sonnette d’alarme : le sous-sol de Bure est gorgé d’eau (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/03/13/laboratoire-et-site-denfouissement-des-dechets-nucleaires-de-bure-en-lorraine-comment-on-nous-roule-dans-la-farine/) et strié d’une multitude d’anciennes failles verticales que les séismes vosgiens tout proches pourraient rouvrir, conduisant très rapidement les eaux dans le stockage souterrain. Ce risque majeur est d’autant plus sérieux que le creusement d’une poubelle transformerait la zone souterraine en un véritable gruyère. Un chiffre longtemps tenu secret parle de lui-même : la longueur des galeries et autres alvéoles avoisinerait les 200 km, tant les masses de déchets nucléaires s’accumulent.   

Enfin, comment interpréter le fait que dans le pays qui déclare à la face du monde comme celui des droits de l’homme, l’avis des populations soit aussi superbement ignoré ? Comme si seuls quelques scientifiques et élus, c’est-à-dire une fraction infime de la société, s’étaient arrogés le pouvoir de décider pour tous et pour des millénaires. Fait quasi unique dans l’hexagone, les populations de Lorraine et de Haute-Marne ont elles-mêmes lancé une pétition pour demander un référendum local. Résultat : 45 000 signatures… balayées d’un coup de main par les autorités !

(Source : CEDRA)

Voir la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=81wZs7la8dc.

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